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Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/181

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— Oui, c’est moi, répondit une voix amie. En même temps, l’œil perçant du Huron reconnut Mary derrière Vanderbum ; il fît un pas vers elle et lui adressa la parole avec cette douceur harmonieuse qui fait le charme des dialectes indiens.

— Mon amie est-elle effrayée ?

— Oh non ! Dieu merci ; c’est vous mon bon, mon dévoué Oonomoo ! murmura la pauvre enfant qui chancela sous le coup de sa vive émotion.

L’Indien la reçut dans ses bras avec la délicate affection d’un père.

— Eh ! je prendrai soin de vous, moi : quelqu’un ici près, que vous connaissez bien, veillera sur vous aussi…

Une autre ombre apparaissait en même temps ; la jeune fille devina Canfield plutôt qu’elle ne le reconnut dans l’obscurité.

— Chère Mary ! quelle joie de vous revoir ! s’écria le jeune homme d’une voix étouffée par l’angoisse qui l’avait dévoré jusqu’alors ; chère ! oh ! bien chère ! êtes-vous souffrante ?

— Je suis bien ! très-bien ! répondit miss Prescott revenant à elle. Comment va mon cher père ; où sont ma mère, ma sœur Hélène ?