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Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/180

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les drames du nouveau-monde



plus fort que jamais, trébuchant à toute minute, et déployant dans tous ses mouvements la bruyante maladresse d’un jeune éléphant qui s’essayerait à marcher.

La masse oscillante de son énorme corps, vivement éclairée par la lune, projetait dans le sentier des ombres bizarres et monstrueuses pareilles à celles d’un nuage en marche.

Évidemment l’évasion de Miss Prescott était protégée par une faveur toute providentielle, car on n’aurait pu imaginer un sauveteur plus stupide, plus lourd, plus impotent que cette masse de chair tremblotante qui répondait au nom de Vanderbum.

Peu à peu les deux fugitifs gagnèrent les bois, et enfin purent se croire à l’abri de tout danger.

Mais, à peine avaient-ils fait un quart de mille que la jeune fille tressaillit en apercevant dans les broussailles la forme sombre d’un Indien.

Avec un affreux battement de cœur elle se cacha derrière son énorme compagnon, se demandant si elle ne ferait pas bien de chercher son salut dans une fuite désespérée.

Cependant Hans ne se troubla pas.

— C’est vous, Oonomoo ? demanda-t-il.