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Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/18

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les drames du nouveau-monde



douce Fraü ? [1] lui demanda-t-il avec des intonations de tourterelle.

— Eh ! je vais travailler, semer le grain, préparer la terre, pour nourrir vous, Quanonshet et Madokawandock lorsque la neige sera venue.

— Bonne femme ! excellente femme !! quelle Fraü accomplie que ma chère Keewaygooshturkumkankingewock !!!

— Et vous, qu’allez-vous faire ? lui demanda sa femme lorsqu’ils furent tout deux hors du wigwam.

— Je vais fumer en méditant ! méditer en fumant ! répondit le gros Hollandais avec une expression profonde.

— Vous ne pourriez pas penser aussi bien en pêchant ?

— Je le suppose : oui, si c’est l’opinion de ma Fraü, je le pourrais.

— Eh, bien ! c’est mon opinion.

L’opinion de sa femme était un ordre pour Vanderbum : il prit docilement ses filets, sa ligne, ses hameçons, et se dirigea vers la rivière. Les premières heures de la matinée s’étaient écoulées, et le soleil tombait d’aplomb sur les

  1. Fraü, épouse en hollandais