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Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/172

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les drames du nouveau-monde

Chose surprenante, cela se passa encore très aimablement ; sa femme n’avait rien vu.

Le gros scélérat s’assura d’un coup d’œil que tout vestige de gomme avait disparu, et s’empressa de céder la place à la ménagère.

Bientôt le souper fut prêt et servi. Vanderbum s’excusa de ne pas manger, alléguant son indisposition.

Le prétexte fut bien reçu par sa femme ; mais elle fût fort étonnée lorsque miss Prescott, en se réveillant de son feint sommeil, refusa avec dégoût de manger quoique ce fût.

— Vous êtes malade aussi, vous ?

— Non, non, non : je n’ai pas faim : murmura la prisonnière en refermant les yeux et se détournant comme pour dormir encore.

— Ce n’est pas la peine de la forcer à manger malgré elle, ma chère, bonne amie ; observa Vanderbum ; les deux petits Hollandais dévoreront bien les restes, ils sont assez affamés pour ça.

Au premier signal Quanonshet et Madokawandock se culbutèrent jusqu’à la table et engloutirent leur portion comme deux loups voraces.

Néanmoins, après les trois premières bouchées, les jeunes gloutons firent un temps d’arrêt et