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Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/171

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ses bouillons harmonieux. Tout-à-coup Hans tressaillit et prêta l’oreille d’un air effaré.

— Qu’est-ce que c’est ? lui demanda sa femme.

— Je ne sais pas trop ! j’ai entendu… un cri… quelque chose d’extraordinaire, il me semble. Est-ce qu’un des enfants serait blessé ? voyez donc un peu ce que c’est, ma bonne, chère Fraü.

La Squaw s’élança dehors avec toute la vigilance de la sollicitude maternelle. Hans, aussitôt, toujours tremblotant, saisit entre le pouce et l’index la fatale gomme, et la jeta dans la marmite. Presque au même instant elle fut dissoute et s’incorpora à la sauce : pour plus de sûreté, Vanderbum se mit à brasser le ragoût avec une noble ardeur.

Au même instant sa femme rentrait, n’ayant rien vu d’extraordinaire, comme de juste.

— Bon mari ! dit-elle ; bon pour Keewaygooshturkumkankingewock !

— Oh ! je suis un traitre ! un monstre ! et voilà mon crime découvert ! pensa Vanderbum éperdu.

Cependant, par un effort surhumain, il bredouilla une petite réponse :

— Oui, je prenais soin du poisson pour qu’il ne brûlât pas.