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Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/170

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les drames du nouveau-monde

La chose était bien simple : elle le croyait réellement malade des suites de son bain forcé ; à ce sujet, même, messieurs Quanonshet et Madokawandock avaient reçu un… avertissement mémorable des mains vigoureuses de leur mère. L’inquiétude avait, pour le moment, mis à l’écart la méchanceté épineuse de la squaw.

— Le diner va être bientôt prêt, répartit la mégère toujours sur le même ton.

Hans Vanderbum, — l’ingrat, — n’aspirait qu’à une chose ; faire la cuisine pour être à portée de mêler au ragoût sa drogue soporifique. Mais aux ouvertures qu’il fit à ce sujet, sa femme répondit par un refus formel :

— Vous avez besoin de repos et de soins, dit-elle, laissez-moi faire.

Force fut de se résigner, et d’ajourner cette seconde partie du programme. Néanmoins, maître Vanderbum n’y perdit rien pour attendre ; pendant que son corps était dans l’inaction, son esprit travaillait ; il eût le temps de combiner une ruse, à son avis, fort ingénieuse.

Les enfants étaient restés dehors, se culbutant à qui mieux mieux : le feu pétillait gentiment ; la matelotte — espoir du souper — faisait entendre