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Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/17

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observa-t-il en jetant un regard inquiet sur ce nouvel ustensile.

— Peut on croire qu’il y ait autre chose que du tabac ? répliqua-t-elle, à moins que vous n’y ayez mis vous-même de la poudre ?

— Malédiction ! je m’en garderais bien ! ce serait bon pour me faire sauter les yeux hors de la tête ! — Ces petites vermines de Hollandais manqués ont le diable au corps pour faire des méchancetés !… un beau jour on verra leur pauvre père perdre sa tête par leur fait ! Ils deviendront ensuite ce qu’ils pourront.

— Eh ! où voulez-vous en venir ? riposta la ménagère en élevant progressivement la voix ; qui est-ce qui les supporte et en prend soin, jour et nuit ? qui fait tout ici ? Qui ?… dites un peu ?

— Oh ! c’est vous ! vous seule, chère amie ! s’empressa de dire le gros homme, appréciant son imprudence ; je ne fais rien, moi ! rien du tout ! C’est ma femme, ma bonne petite Keewaygooshturkumkankingewock qui fait tout ! une perle ! un modèle de squaw ! un trésor !

Ces aimables propos calmèrent l’inflammable ménagère ; il y eût trêve.

— Et maintenant qu’allons-nous faire, ma