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Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/167

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pour son dîner ou bien, qu’elle vînt le chercher, il se cacha soigneusement dans un épais buisson.

Bien lui en prit d’avoir eu cette précaution, car à peine était-il assis dans sa cachette, qu’il aperçut sa terrible moitié dont le redoutable regard sondait les alentours. Le vaillant époux se complut à l’observer courageusement, du fond de ses broussailles : ce ne fut pas une médiocre satisfaction pour lui que de la voir, fronçant les sourcils, inspecter le rivage ; s’avancer avec une expression inquiète, lorsqu’elle avisa l’arbre rompu ; chercher à savoir si le naufragé avait gagné la terre ; constater d’un air rassuré qu’en effet, il était sorti de l’eau ; puis reprendre son allure habituelle, hautaine, dure et dédaigneuse ; et enfin s’en aller rapidement, comme elle était venue.

Une certaine appréhension avait dominé toutes les sensations d’Hans Vanderbum pendant l’apparition de son tyran femelle ; il releva la tête avec un soupir de soulagement lorsque la vision menaçante se fut dissipée ; et il se remit innocemment à pêcher.

Cependant, l’heure approchait où il fallait son-