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Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/165

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en joyeuse humeur, elle lui promit tout ce qu’il voulût.

Mais si leur mère se montrait commode, par contre, les deux affreux polissons Quanonshet et Madokawandoek étaient possédés du démon de la méchanceté ce jour-là. Pendant sa route pour arriver au territoire de pêche, le gros Hollandais tomba plus de vingt fois : à la fin, étonné de ces chutes inexplicables, il s’arrêta pour regarder un peu l’état du sentier.

— C’est drôle, murmura-t-il, que le gazon et les broussailles se soient ainsi allongés tout à coup : On dirait des cordes tressées d’un bord à l’autre du chemin ! Dieu me bénisse ! il y a aussi partout des nœuds coulants, comme si quelque chasseur avait tendu des pièges pour prendre du gibier. Eh ! en voilà encore des débris noués à ma jambe. Ah ! c’est fameusement drôle ! je ne suis plus surpris d’être tombé si souvent… Mais, qui a pu songer à tendre des pièges dans un sentier pareil… ? il n’y passe jamais un rat seulement, en fait de gibier ; oui, c’est un médiocre chasseur, celui-là ; je ne lui en fais pas mon compliment.

L’innocent Hollandais ne songea pas un seul