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Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/149

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Miss Prescott s’installa donc dans la cabane du gros Hollandais. Le premier jour se passa sans aucun incident nouveau ; seulement elle reconnut avec tristesse que, sans le secours de ses amis, elle ne pouvait nourrir aucune espérance de fuite. La hutte n’avait qu’une seule entrée, juste assez grande pour laisser passer Hans Vanderbum et son gros ventre : les parois du wigwam étaient en matériaux inébranlables, et d’une solidité telle que les doigts délicats de la jeune fille ne pourraient jamais venir à bout de les percer.

Ajoutons que mistress Vanderbum, chaque nuit, prenait la précaution de faire coucher son mari en travers de la porte et de s’y coucher elle-même à côté de lui ; cette barrière humaine représentait au moins cinq pieds de large, près de trois pieds de haut, et s’étendait sur une longueur qui dépassait de beaucoup l’ouverture de la porte : cela était impossible à franchir, pour la jeune fille.

Disons encore que mistress Vanderbum avait un sommeil de chat, aussi léger que celui de son mari était profond, et lourd, et que le frisson d’une feuille la réveillait.