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Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/14

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les drames du nouveau-monde



put faire « avancer à l’ordre » Quanonshet et Madokawandock ; enfin, ils se rapprochèrent du père et firent semblant de l’écouter.

Hans Vanderbum s’était muni d’un long bâton et avait choisi pour salle d’étude un bosquet dont le sol sablonneux pouvait aisément recevoir les dessins qu’il lui plairait d’y tracer. Après les préparatifs convenables et de sévères avertissements, il reproduisit sur le sable quelques lettres de l’alphabet allemand ; se redressant ensuite comme un tambour-major, il demanda d’une voix de tonnerre.

— Nommez-moi ca !

Les deux gamins demeurèrent muets, s’entre-regardant d’un air confondu ; leur cervelle éventée ne leur fournissait pas la moindre idée à ce sujet. Depuis trois mois, Hans avait déployé des prodiges de patience pour leur faire connaître une ou deux lettres, et tous deux avaient répété leurs noms au moins mille fois ; mais tout cela était oublié à l’instant même ; il ne restait rien de ces leçons laborieuses ; les regards hébétés et inintelligents des deux élèves l’attestaient surabondamment.

— Tonnerre et éclairs ! petites brutes d’Indiens