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Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/132

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les drames du nouveau-monde



Si imperceptible que fut ce bruit, les fines oreilles du sauvage l’entendirent, aussitôt il se pencha sur le bord du rocher pour en reconnaître la cause, et regarda en dessous de lui.

Le Huron avait prévu ce mouvement et se tenait sur ses gardes : se laissant submerger sans faire un mouvement, il suivit le fil de l’eau jusqu’au gouvernail du canot auquel il se cramponna. Là il resta un moment, ne laissant sortir de l’eau que son nez et ses yeux : pendant quelques secondes il s’efforça d’entraîner le canot à la dérive, par mouvements insensibles ; mais il aperçut de nouveau la tête du Miami qui surveillait l’embarcation : alors il resta immobile, se préparant à la lutte s’il était découvert.

Bientôt son adversaire se pencha tellement sur la rivière que pour se retenir, il étendit une main vers la barque. Plus prompt que la foudre, Oonomoo le saisit avec violence et le renversa dans l’eau. En tombant, le Miami se cramponna à lui : tous deux roulèrent jusqu’au fond, s’étreignant avec fureur.

Néanmoins, sûr de venir à bout de son adversaire, Oonomoo ne craignait qu’une chose, l’arrivée des autres Indiens attirés par le bruit de la