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Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/129

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Canfield le suivit des yeux jusqu’à ce qu’il l’eût vu disparaître dans l’ombre portée par le roc : ensuite il se tint immobile, attendant avec patience l’issue des événements.

Le Huron manœuvrait dans l’eau avec la même aisance qu’un poisson, et glissait silencieusement dans le courant. Obéissant à son instinct de méfiance habituelle, lorsqu’il fut arrivé au remous formé par l’avance du rocher dans la rivière, il se retourna sur le dos, et faisant « la planche » resta dans une immobilité absolue.

L’ombre portée par ce petit promontoire enveloppait le nageur et le canot vers lequel il se dirigeait ; dans cette position il pouvait voir sans être vu. En promenant autour de lui ses regards perçants, Oonomoo aperçut un Indien Miami tapi dans une fissure du rocher, et surveillant les alentours comme s’il eût été à l’affût d’une proie.

Aussitôt le Huron s’expliqua les diverses manœuvres du canot ennemi : les Miamis avaient découvert des traces de son passage, ou bien avaient aperçu son canot. Aussitôt l’idée leur était venue de poursuivre le téméraire qui s’était aventuré sur leur territoire.