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Page:Aimard - Rayon de soleil, 1866.djvu/126

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les drames du nouveau-monde

L’Indien ne se trompait pas. À peine avait-il fini de parler que le bruit d’un aviron se fit entendre ; au même instant le canot se détacha du rivage, et Canfield le vit se diriger droit sur eux.

On ne pouvait distinguer le nombre des Shawnees montés dans l’embarcation ; cependant elle paraissait pleine.

Ne ferions-nous pas bien de nous cacher un peu, pour n’être pas découverts ? demanda le jeune officier qui voyait avec inquiétude les Indiens s’approcher.

— Ils n’aborderont pas ici ; ils vont descendre plus bas.

En effet l’avant du canot changea de direction et se mit à suivre le fil de l’eau ; alors on put voir qu’il était occupé par cinq sauvages.

Oonomoo inclina la tête en avant pour mieux les examiner.

— Pas Shawnees, dit-il, Miamis.

— Amis ou ennemis ?

— Très-méchants ; prennent des scalps, tuent tout le monde ; prendront votre chevelure, voyez-vous.

Canfield n’entendit pas les funèbres appréciations d’Oonomoo avec le même sang-froid que