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naient en leur faveur ; puis, après avoir fait reconnaître Ivon Lebris en qualité de second du bâtiment, il ordonna au premier lieutenant de lui présenter les officiers, le maître d’équipage et les matelots.

Maître Lebègue, ainsi qu’on le nommait, fit alors avancer MM. Joham Kernock et René Mauclerc, deux jeunes gens de vingt-cinq ans, de bonne mine, à l’air résolu et à la physionomie franche et joviale ; puis Pierre Legoff dit Caïman, maître d’équipage, gaillard à la large encolure, à l’air refrogné, taillé en hercule, et, dit Lebègue qui s’y connaissait, matelot depuis la pomme des mâts jusqu’à l’emplanture.

Olivier serra la main aux officiers et au maître d’équipage, et leur dit quelques paroles cordiales qui les lui acquirent aussitôt et les firent se frotter joyeusement les mains ; puis ce fut le tour des matelots, dont le lieutenant Lebègue fit l’éloge ; il les connaissait tous depuis plusieurs années et savait ce qu’ils valaient, comme hommes et comme marins.

Le capitaine parla aux matelots comme il l’avait fait aux officiers ; mais, tout en les assurant qu’ils le trouveraient toujours juste et bon pour eux, il leur fit comprendre qu’il saurait maintenir à son bord la discipline la plus sévère ; puis, après avoir ordonné une triple ration de vin, il les congédia.

Les officiers et le maître d’équipage restèrent.

— Messieurs, leur dit Olivier, je ne puis encore vous annoncer rien de positif sur ce que j’ai l’intention de faire ; vous en savez assez pour comprendre, quant à présent, que vous n’aurez pas à regretter de vous être placés sous mes ordres.