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Levant, puis elles rentreront ensemble à Toulon. Grand bien leur fasse !

— L’amiral m’a en effet prévenue, pendant le bal, de son départ prochain, dit doña Carmen, ne voulant pas, m’a-t-il dit, laisser à ses équipages le temps de faire des commentaires sur les congés si singulièrement accordés à deux de ses meilleurs matelots.

— L’amiral de Kersaint est un grand et noble caractère, dit don Jose.

— C’est surtout un noble cœur, dit Olivier avec émotion ; il en sait peut-être plus qu’il ne veut le laisser paraître sur cette mystérieuse affaire ; il a hâte de s’éloigner pour ne plus avoir à s’en préoccuper.

— C’est un vrai Breton ! s’écria Lebris avec enthousiasme. Ce que dit Olivier doit être vrai…

— Peut-être ! dit don Jose d’un air pensif ; puis il ajouta, après un moment Il est près de midi : c’est l’heure de la siesta. Reposons-nous ; à trois heures, si cela vous convient, nous irons faire une visite à la Jeune-Agathe.

— Qu’est-ce que c’est que la Jeune-Agathe ? demanda curieusement Ivon.

— C’est, répondit Olivier en lui tendant la main, un bâtiment dont je suis capitaine et dont tu seras le second, si cela te plaît, matelot…

— Je le crois bien que cela me plaît ! Est-ce que nous ne sommes pas amarrés l’un à l’autre par le même grelin ?

— Alors, c’est dit.

À trois heures et demie, le banquier, en compagnie d’Olivier et d’Ivon, se rendit sur le port ; il y avait à cette époque un grand mouvement ma-