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ville à Xérès, en passant par Cadix et Puerto-Santa-Maria, et dont voici un couplet :

Señorita !
Alsa usted esa patita ;
Salte usted en ese barquillo ;
No se le ponga a usted tuerto,
El molde de ese monillo ;
Alsa ! pues ya !
Que tiene la Colaza,
Muchissima calidad !

Ces vers trop faciles, et qui n’auraient aucun sel en français, ne méritent pas l’honneur d’une traduction.

À bord du Formidable, l’embarquement continuait rapidement.

La course est longue de Cadix à Santa-Maria ; il faut traverser toute la rade dans sa plus grande largeur ; mais l’escadre avait mouillé à peu près au milieu de la baie, c’est-à-dire à moitié chemin des deux villes ; cependant, malgré la brise favorable, le trajet dura plus d’une demi-heure.

Enfin, l’on vit briller au loin les lumières de Puerto-Santa-Maria, puis tout à coup l’avant de la lancha grinça sur le sable.

On était arrivé.

On apercevait, à une centaine de pas plus loin, l’équipage de la première lancha, occupé à rouler les pièces vides sur la plage, jusqu’à l’endroit où elles devaient être remplies.

— Bon nous avons le temps, dit le patron en riant ; ces paresseux de la Virgen del Pilar n’auront pas terminé avant au moins une heure ; muchachos, tandis que j’amarrerai la lancha, courez chez mon compadre Henriquez ; dites-lui de servir