Page:Aimard - Par mer et par terre : le corsaire.djvu/348

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


homme eût jamais versée, trembla à la pointe de ses cils.

Quelques minutes s’écoulèrent.

Le condamné fumait doucement, en véritable gourmet, avalant la fumée et la rendant par la bouche et les narines avec une immense expression de bien-être.

Les assistants attendaient, calmes, patients, silencieux.

Enfin, le condamné jeta un regard profond autour de lui, aspira une dernière bouffée de fumée et lança le reste de la cigarette à la mer.

— Je meurs content, dit-il avec un sourire énigmatique adieu, tous ! hissez !

Le sifflet de maître Caïman résonna, un coup de canon retentit, les trente matelots coururent sur le garant, et presque aussitôt le corps du supplicié apparut à l’extrémité de la vergue de misaine.

L’assassin était mort ; justice était faite.

Le cadavre fut placé dans une embarcation et transporté à terre.

Le pavillon de justice fut immédiatement amené.