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paraiso, et tout son état-major, étaient montés à bord du corsaire, ainsi que les commandants et les officiers des bâtiments de guerre chiliens ; le commandant et l’état-major de la frégate anglaise Lysander s’étaient rendus aussi à bord du Hasard.

Tous ces hôtes avaient été reçus à bord du corsaire avec les honneurs militaires dus à leur rang, et accueillis par le capitaine de la façon la plus courtoise.

À neuf heures toutes les embarcations des bâtiments de guerre, du commerce, ou corsaires, avaient quitté leurs bords respectifs, et étaient venus se ranger en cercle, les avirons matés, autour du Hasard, tandis que tous les matelots restés à bord des navires montaient debout sur les vergues, le visage tourné vers le corsaire.

Au même instant, le pavillon chilien fut hissé au grand mât du Hasard, le pavillon colombien restant toujours à la corne ; puis, un instant plus tard, un large pavillon jaune monta lentement à la pomme du mât de misaine, en même temps que retentissait la détonation du coup de canon tiré à poudre à l’avant, à bâbord, du brick-goëlette.

Un frisson de curiosité parcourut les rangs de la foule pressée sur le rivage et les pentes des trois montagnes.

Les autorités chiliennes, les consuls français et colombien, ainsi que tous les officiers réunis à l’arrière du brick, se groupèrent près de l’habitacle, tandis qu’au bruit des tambours et des fifres l’équipage du Hasard se rangeait silencieusement à tribord et à bâbord d’avant, sauf une escouade d’une trentaine d’hommes placés sous le com-