Page:Aimard - Par mer et par terre : le corsaire.djvu/319

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Aussitôt sa résolution fut prise.

Il monta à cheval et alla s’embusquer dans un rancho de peones, aux environs de la chacra.

Malheureusement pour lui, un homme s’était attaché à ses pas, surveillait tous ses mouvements et ne le quittait pas plus que son ombre.

Cet homme était Fernan Nuñez.

Une nuit, vers onze heures du soir, voyant toutes les lumières depuis longtemps éteintes, don Estremo s’introduisit dans la chacra ; il avait pris toutes les informations nécessaires, connaissait parfaitement la disposition des lieux ; il était donc certain d’arriver presque à coup sûr à la chambre dans laquelle couchait don Diego.

Mais Fernan Nuñez guettait don Estremo : il s’était, à sa suite, introduit dans l’habitation ; les deux hommes se suivaient pas à pas dans l’ombre ; ils étaient si rapprochés l’un de l’autre qu’ils auraient pu entendre le bruit de leur respiration.

Don Estremo ouvrit la porte de la chambre de son ennemi, s’approcha à pas de loup et leva son poignard ; mais, au même instant, Fernan Nuñez se jeta sur lui à corps perdu en appelant don Diego et criant au secours.

Le poignard de don Estremo, mal dirigé, ne fit qu’une blessure insignifiante à don Diego, mais cependant amena un profond évanouissement. Don Estremo, voyant son ennemi immobile, le crut mort ; il tourna alors sa rage contre Fernan Nuñez, qu’il renversa d’un second coup de poignard ; il se préparait à redoubler, mais il n’en eut pas le temps. Les cris poussés par le dévoué serviteur avaient jeté l’alarme ; on accourait de