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aller, je serai des vôtres, caballeros. Je vous avoue que, n’ayant jamais vu de corsaire, je suis très-curieux de visiter le vôtre, dont la réputation est si grande. Ma foi, tant pis ! Voilà le grand mot lâché !

— Alors c’est dit, caballeros ; nous partirons à sept heures du matin, heure militaire.

En effet, le lendemain, à sept heures précises, Olivier, don Pablo Galvez et don Joaquim Muñoz montaient à cheval et quittaient Talca.

La veille, Ivon Lebris et Antoine Lefort avaient pris les devants et s’étaient rendus à Maule.

Ce port, fort commode, n’était à cette époque qu’une bourgade habitée par des pêcheurs et des contrebandiers ; les Espagnols prohibant tout commerce avec les étrangers, auxquels ils défendaient même l’entrée de leurs ports, la contrebande s’était développée dans des conditions véritablement inquiétantes ; cependant l’influence de l’émancipation commençait à se faire sentir ; les navires de commerce apprenaient peu à peu le chemin de ce port, qui, aujourd’hui, jouit d’une certaine notoriété, et la contrebande avait été tuée du coup.

La route de Talca à Maule va toujours en descendant ; cette descente, en certains endroits, est même très-rapide. De cette disposition des lieux il résulte que l’on aperçoit la mer et la plage de fort loin, et que l’on distingue le port et les bâtiments mouillés sur rade très-longtemps avant que d’arriver à la bourgade.

Cette vue est féerique ; elle cause une véritable admiration à ceux qui en jouissent pour la première fois.