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C’est au plus fort de ces luttes héroïques que se rouvre notre action.

Deux ans, jour pour jour, s’étaient écoulés depuis les événements rapportés dans notre précédent chapitre.

Depuis un an, le Chili avait définitivement assuré son indépendance, à la suite de la célèbre bataille de Maypu, gagnée par le général San-Martin sur les Espagnols, qu’il avait non-seulement mis en déroute complète, mais encore contraints, après quelques combats sans importance, à mettre bas les armes.

Le général San-Martin était venu de Buenos-Ayres, à travers les Cordillières des Andes, à la tête d’une armée buenos-ayrienne, pour prêter son concours aux Chiliens et les aider à jeter définitivement les Espagnols à la mer.

Comme on le voit, ce concours avait été efficace ; les Espagnols, impuissants déjà à se maintenir contre les Chiliens, avaient été écrasés d’un seul coup par les confédérés, et obligés d’abandonner le Chili sans espoir de retour.

Cependant, la tranquillité n’était pas encore rétablie dans la jeune république, troublée pendant si longtemps par des faits de guerre : le calme ne succède pas subitement à la tempête.

Lorsque la société a été troublée dans toutes ses couches sociales, depuis les plus infimes jusqu’aux plus hautes, il faut laisser le temps normal nécessaire aux esprits surexcités et accoutumés à une licence sans bornes, causée par les événements eux-mêmes, d’arriver peu à peu à l’apaisement : en donnant un autre cours à leurs pensées et en se livrant à des occupations sédentaires dont la