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les droits de l’homme, la liberté, la fraternité humaine, l’amour et la liberté ! Les premiers étaient catholiques, les derniers étaient, sous le joug, redevenus chrétiens ! Ils devaient triompher, ils triomphèrent.

Bientôt le Mexique, le centre-Amérique, le Chili, Buenos-Ayres, firent cause commune ; ils se soulevèrent contre le bourreau séculaire, jurèrent de l’abattre, et l’attaquèrent de tous les côtés à la fois.

Pourtant, tout leur manquait en apparence : ils n’avaient ni armes, ni argent, ni soldats ni organisation civile, ni officiers ; mais ils avaient au cœur la haine de leurs tyrans et la volonté implacable d’être libres ; ils créèrent et improvisèrent tout ; cent fois battus par les Espagnols, toujours ils revenaient plus fermes et plus résolus au combat ; renversés, écrasés, anéantis, ils se relevaient plus ardents et plus convaincus.

C’était la guerre sainte du droit contre la force.

La force devait succomber honteusement et se voir chassée pour jamais de cette terre jadis conquise au prix de torrents de sang humain, et sur laquelle, pendant trois siècles, leur joug impitoyable avait si lourdement pesé sur les populations décimées.

À l’époque où se passe notre histoire, la question n’était pas encore tranchée, la lutte était dans sa phase aiguë. Déjà certaines colonies étaient redevenues indépendantes : celles-ci aidaient les autres ; le succès final commençait enfin à se dessiner ; tout faisait prévoir que la chute définitive de la puissance espagnole ne tarderait pas à être un fait accompli.