Page:Aimard - Par mer et par terre : le corsaire.djvu/276

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


mant, sur lequel il appuya ses lèvres ; rien ne pourra nous désunir ; prenez ce reliquaire, il me fut passé au cou par ma mère le jour de ma naissance ; il vous parlera de moi quand je ne serai plus là !

– Merci, ma Dolorès chérie, voici mon anneau de fiançailles, il est humble comme moi, murmura-t-il en lui présentant un simple anneau d’or qu’il portait au petit doigt de la main gauche.

– Il n’en aura que plus de prix à mes yeux, répondit-elle lorsque le jeune homme lui eut mis l’anneau à l’un des doigts de sa main mignonne ; et maintenant, au revoir, dans un an !

— Dans un an, jour pour jour, je serai à Lima, je vous le jure ! dit-il avec énergie.

— Je retiens votre parole ! Bonne nuit, Carlos ; nous sommes heureux, nous emportons chacun l’espoir dans notre cœur. Carlos, je serai à vous ou à Dieu !

Après avoir prononcé ces derniers mots, la jeune fille s’envola légère comme un oiseau, laissant Olivier à demi fou de joie et de bonheur.

Au lever du soleil, la vigie signala la terre ; deux heures plus tard, après avoir doublé l’île de Wight, le Hasard entra dans la rivière de Southampton, donna dans le port, et vint mouiller en face de la douane ; la Chimère et la Yung-Frau avaient mouillé à sa droite et à sa gauche.

Aussitôt après la visite de la douane, le capitaine Olivier descendit à terre, et, après s’être fait indiquer la demeure du consul colombien, il se rendit tout droit chez lui. Le consul reçut fort bien le capitaine, écouta son rapport avec une joie évidente, et, le faisant monter dans sa voi-