Page:Aimard - Par mer et par terre : le corsaire.djvu/255

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


cœur dont les battements précipités semblaient vouloir rompre sa poitrine.

— Mon Dieu qu’avez-vous ? s’écria la jeune fille effrayée.

— Rien ! répondit-il d’une voix brisée en essayant de sourire ; rien, Dolorès ; la joie, le bonheur de vous revoir, quand j’étais si loin… Mais c’est fini grâce à Dieu ! je me sens bien maintenant !

— Oh ! vous me faites peur, mon ami ! Si j’avais pensé vous causer une telle émotion…, fit-elle les yeux pleins de larmes.

– Rassurez-vous, chère enfant, je vous l’assure, je me sens très-bien. Mais votre mère ? votre père ?

— Ils sont ici avec moi. Tenez, les voilà.

En effet, en ce moment, don Diego Quiros et sa femme, que sans nul doute le lecteur a déjà reconnus, ayant réussi à se frayer un passage à travers la foule, arrivaient près du jeune homme. Il est inutile de constater que la reconnaissance fut des plus cordiales des deux parts.

Olivier, grâce à sa puissance sur lui-même, le premier moment de surprise passé, avait repris tout son sang-froid et sa liberté d’esprit ; après un échange mutuel de compliments :

— Mon cher don Diego, dit le jeune homme, nous sommes bien mal ici pour causer à notre aise ; nous avons une foule de choses à nous dire : venez passer cette journée avec moi, à mon bord, ainsi que ces dames ; vous rencontrerez, sur le Hasard, un ami que vous serez heureux de revoir. Est-ce entendu ?

— Pour ma part, j’accepte avec joie, dit don Diego.