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sois tranquille, je ne me trahirai pas ! répondit-il dans la même langue.

Il suivit le médecin.

Le cousin Ramillete demeura seul dans le cabinet, où il attendit, même pendant assez longtemps, le retour du docteur.

Don Jose Legañez était un homme pratique et un profond calculateur ; il avait compté sur le premier moment d’émotion et de joie pour surprendre tout ou partie du secret dont il brûlait de s’emparer mais son espoir fut trompé, en pénétrant dans la chambre de l’accouchée.

Les premières paroles prononcées par le señor Perrico le furent en allemand, et la malade lui répondit aussitôt dans la même langue.

Le docteur ne savait pas un mot d’allemand.

Il employa le triple du temps nécessaire à laver et emmailloter l’enfant ; enfin, de guerre las, il se décida à sortir, mais il ne s’avouait pas encore battu ; après avoir quitté la chambre, il feignit de s’éloigner, puis il revint doucement sur ses pas, appuya l’oreille contre la porte et écouta : la conversation continuait en allemand, et elle continua ainsi pendant tout le temps qu’il resta aux écoutes.

— Allons, c’est partie perdue pour cette fois murmura-t-il avec dépit, en s’éloignant à contrecœur ; mais tout n’est pas dit encore : j’aurai ma revanche ! Tant de précautions doivent cacher un secret de la plus haute importance. Ce secret, je l’aurai ! je le veux ! devrais-je pour cela !…

Il n’acheva pas ; il était arrivé à la porte du cabinet où le cousin Ramillete attendait toujours avec une patience exemplaire.