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par le passage des bêtes fauves. Il importait de porter au plus vite un remède efficace à cet état de choses. Alors ils ont fait appel à l’émigration européenne, à laquelle ils ont offert de très-grands avantages, et qui bientôt afflua chez eux.

Mais, il faut l’avouer, les Anglo-Américains ne se sont pas toujours conduits envers les aborigènes, seuls et véritables propriétaires du sol, avec cette équité, cette justice et cette loyauté auxquelles ceux-ci étaient en droit de s’attendre dans leurs relations communes.

Les aborigènes de l’Amérique du Nord n’ont jamais été conquis.

Les premiers Européens qui débarquèrent sur leurs côtes se présentèrent en suppliants c’étaient des proscrits, à la recherche d’un asile ; ils furent reçus à bras ouverts et accueillis en frères par les Indiens, émus de pitié et attendris par le spectacle touchant de leur misère. Les pèlerins de Plymouth, ainsi qu’ils se nommaient eux-mêmes, achetèrent des Peaux-Rouges les terres que leur intention était de défricher, sur le bord de la mer, derrière l’immensité de laquelle, avec les yeux du cœur, ils apercevaient encore la patrie aimée, qu’ils avaient été contraints de fuir.

Un commerce d’échanges fut régulièrement établi entre les Indiens et les Européens, commerce fonctionnant d’abord avec une grande loyauté, et de façon que les intérêts des contractants, fussent sauvegardés d’un côté comme de l’autre.

Malheureusement, les institutions humaines portent toutes en elles un germe de corruption