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ports de la Nouvelle-Hollande, des armes et des munitions de guerre, que nous allions ensuite débarquer en fraude sur les côtes de la mer Vermeille, surtout en Sonora, quelquefois aussi en Basse-Californie. Ces trafics procuraient des bénéfices énormes au capitaine ; je servais d’interprète, à cause de ma connaissance de la langue espagnole.

Ce commerce, fort dangereux parfois, se prolongea pendant assez longtemps ; enfin le capitaine commença à éprouver le désir de retourner en Angleterre et de revoir les rives pittoresques et accidentées de la Clyde ; il y avait plus de deux ans que nous avions quitté Glascow ; j’allais avoir treize ans, mais j’en paraissais au moins quinze.

Nous avions quitté la mer de Cortez, et nous remontions vers le nord, afin de trouver une baie dans laquelle il nous fût possible de renouveler notre provision d’eau, presque complétement épuisée. Cela n’était pas facile : les Espagnols surveillaient attentivement leurs côtes, sur lesquelles il était défendu, sous peine de mort, aux étrangers de descendre ; nous craignions d’être contraints de remonter jusqu’au détroit de Sitka, à la Nouvelle-Archangel, colonie russe située au nord des possessions espagnoles.

Un matin, nous longions de fort près les côtes californiennes, lorsqu’à l’entrée de la baie d’Hierba, nous vîmes briller un feu, sur la pointe élevée d’un cap ; nous aperçûmes, avec la longue-vue, plusieurs cavaliers galopant sur la plage et nous faisant des signaux, que le capitaine crut reconnaître.

Nous étions accoutumés à communiquer de cette façon avec la côte.