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CHAPITRE VI

DANS LEQUEL OLIVIER CONTINUE SON HISTOIRE.


La nuit était belle et lumineuse.

Le ciel, d’un bleu profond, était pailleté d’un semis d’étoiles brillantes ; la lune nageait dans l’éther, et semblait danser sur les flots, piqués au sommet d’une crête d’écume d’une blancheur d’opale ; la brise, assez forte, sifflait avec de mystérieux murmures à travers les cordages du brick-goëlette, qui, gracieusement penché sur tribord, ses voiles pleines, labourait rapidement la mer, dont son étrave coupait impassiblement les lames.

La route était bonne ; le Hasard, orienté grand largue, filait onze nœuds, ce qui est une marche supérieure, et que peu de voiliers atteignent.

Le capitaine se promenait à l’arrière, interrogeant du regard tantôt la mer, tantôt la voilure, afin de s’assurer que tout était en ordre.

Ses amis étaient déjà rentrés dans la cabine.

Lui, il restait encore sur le pont, s’abandonnant à ses pensées, et sans doute essayant de remettre le calme dans son esprit, après le monde de souvenirs qu’il avait remué dans son cœur et obligé à monter à ses lèvres.

Enfin, lorsque le bruit et le mouvement qui ac-