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— Allons, dit Olivier, vous avez raison tous deux, mes amis, je ne refuserai pas plus longtemps de vous satisfaire ; il n’y a dans ma vie passée rien dont je doive rougir. J’ai beaucoup souffert, j’ai commis peut-être bien des erreurs, bien des fautes, mais il n’y a pas dans toute mon existence une seule action qui soit, je ne dirai pas honteuse, mais seulement équivoque ; et c’est miracle, croyez-le bien, après tous les mauvais exemples que j’ai constamment eus devant les yeux et l’éducation qui m’a été donnée. Mousse ! appela-t-il.

Furet parut aussitôt.

— Fais enlever tout cela reprit-il en montrant la table chargée encore des débris du dessert, et dis au cuisinier de préparer un bol de punch.

Le mousse sortit et fut presque aussitôt remplacé par le domestique du capitaine ; celui-ci se hâta de desservir, et, après quelques instants, il revint portant un immense bol de punch enflammé qu’il posa devant les officiers en l’accompagnant de verres, etc., etc.

— C’est bien, dit Olivier, maintenant retirez-vous, Antoine, je n’ai plus besoin de vous ; vous pouvez vous coucher. Quant à Furet, il s’étendra tout habillé dans son hamac, et se tiendra prêt à répondre si j’appelle ; allez.

Le domestique sortit.

Ce domestique, nommé Antoine Lefort, était un Parisien pur sang, né à Belleville, rue de la Mare.

Il avait à peine vingt-cinq ans ; quelques peccadilles un peu trop fortes l’avaient contraint à s’expatrier ; il avait été valet de chambre dans une grande maison et connaissait bien le service ;