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à ses officiers la route pour l’Angleterre ; le Hasard mit aussitôt le cap sur Southampton.

M. Maraval avait été confortablement installé dans le salon dépendant de l’appartement du capitaine.

En général, la vie de bord est assez monotone, même pour les marins, lorsqu’il n’y a ni voiles en vue, ni tempêtes à l’horizon ; quant aux passagers, la régularité de tout ce qui se fait chaque jour, à la même heure, de la même façon, avec une désespérante exactitude, ne tarde pas à les plonger dans un profond ennui, qui, pour peu que la traversée se prolonge, tourne définitivement au spleen.

M. Maraval lisait, se promenait sur le pont, s’entretenait soit avec le capitaine, soit avec le second, Ivon Lebris ; en somme, il tuait le temps comme il pouvait ; parfois, en désespoir de cause, il se rejetait sur le docteur ; mais c’était tout ; à cela se bornaient ses distractions.

Aussi, dans son for intérieur, lui, accoutumé à la vie active de ses opérations commerciales, les vingt-quatre heures dont se compose une journée lui semblaient-elles d’une longueur interminable son désœuvrement l’effrayait.

Il se surprenait à désirer, in petto, soit une tempête un peu corsée, pas trop cependant, soit même, au pis aller, l’attaque sans coup férir d’un navire espagnol, dans le simple but de varier ses plaisirs.

Malheureusement le temps s’obstinait à être magnifique il n’y avait pas un nuage au ciel ; le vent soufflait grand largue ; parmi les nombreux