Page:Aimard - Par mer et par terre : le corsaire.djvu/121

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


médiatement, non-seulement sans murmures, mais encore avec l’approbation de l’équipage.

Les matelots étaient bien nourris ; et surtout bien soignés, en cas de maladie ou de blessures ; choses rares sur les corsaires, où généralement on ne s’occupe nullement de la santé et du bien-être des hommes.

Du reste, le Hasard n’avait pas perdu son temps depuis son départ de Puerto-Santa-Maria.

Il avait audacieusement enlevé quatre navires richement chargés, à leur sortie de Cadix ; de plus, il s’était emparé, la hache au poing, de trois galions arrivant du Mexique et remplis d’or ; les sept bâtiments capturés si heureusement avaient été expédiés en Angleterre pour y être vendus.

C’était un fort beau commencement de croisière ; aussi l’équipage était-il dans la jubilation ; le temps perdu à Cadix avait été largement rattrapé, ainsi que l’avait promis le capitaine.

Par contre, comme toutes les choses de ce monde doivent avoir un revers, les autorités de Cadix étaient dans la désolation, et jetaient feu et flamme contre le hardi corsaire, qui, presque sous leurs yeux, s’était emparé de sept bâtiments dont les riches chargements se chiffraient par millions.

Plusieurs croiseurs avaient été lancés à la poursuite du corsaire, mais ils n’avaient pas réussi à l’atteindre, ni même à l’apercevoir.

Ses prises effectuées, le Hasard avait ouvert ses ailes et avait disparu.

Puis, quelques jours plus tard, dès que les croiseurs, après avoir reconnu l’inutilité de leurs recherchés, étaient rentrés à Cadix, il était re-