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sion — que cette lutte ou plutôt ce duel chevaleresque, d’un seul homme vêtu de soie, chaussé de satin et armé d’une mince épée, fine comme une aiguille, contre un animal d’une férocité et d’une force prodigieuses, furieux et armé par la nature d’une façon formidable, de cornes longues, puissantes et acérées.

Les portes du cirque s’ouvrirent à onze heures du matin ; à midi, douze mille spectateurs étaient rangés sur les gradins.

Deux loges de sombra attiraient surtout l’attention : la loge royale, dans laquelle étaient réunies les autorités de Cadix et de Puerto-Santa-Maria, et la loge située immédiatement à la droite de la première.

Dans cette seconde loge se tenaient don Jose Maraval, sa femme et une dizaine d’amis du riche banquier avec leurs familles ; parmi ces amis se trouvaient le capitaine Olivier et son second, maître Ivon Lebris ; le capitaine était assis à la droite du banquier ; il causait avec un homme jeune encore, tout vêtu de noir, portant lunettes et ayant un ruban multicolore à la boutonnière de son habit ; ce personnage imposant était le docteur don Juste Carnero, l’un des plus célèbres médecins de Cadix.

Nous noterons que les deux loges étaient ouvertes, et se touchant ; tout ce qui se disait dans l’une s’entendait forcément dans l’autre, par les personnes assises auprès de la séparation.

La loge royale était très-vaste, ornée avec beaucoup de luxe, et remplie de dames et d’officiers français, anglais et espagnols ; les officiers français étaient les plus nombreux ; les trois ami-