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pendant vingt ou vingt-cinq pas ; mais il est facile de les éviter ; dès qu’ils reconnaissent l’inutilité de leur poursuite, ils se prennent à fuir.

Les Indiens et les demi-sang ont une telle habitude de cette chasse à cheval qu’il leur arrive rarement d’avoir besoin de plus d’un coup pour tuer un bison.

Lorsqu’ils tirent, ils n’appuient pas leur arme contre l’épaule, mais étendent, au contraire, les deux bras dans toute leur longueur ; sitôt qu’ils sont à une douzaine de pas de l’animal, ils font feu dans cette position, puis ils rechargent leur fusil avec une promptitude incroyable, car ils ne bourrent pas, laissent la balle, dont ils conservent toujours un certain nombre dans la bouche, tomber immédiatement sur la poudre à laquelle elle s’attache et qui la renvoie aussitôt.

Au moyen de cette vitesse peu commune, les Indiens firent en peu de temps un vrai massacre dans les troupeaux de bisons.

Soixante-huit de ces animaux avaient été abattus en moins de deux heures.

Le Chat-Noir en avait tué onze pour sa part.

Les animaux furent dépecés et chargés sur des chevaux amenés à cet effet, puis les chasseurs reprirent gaiement le chemin du camp en causant entre eux des péripéties singulières ou dramatiques de la chasse avec toute la vivacité indienne si colorée.

Grâce à cette expédition, les Apaches étaient approvisionnés pour longtemps.

À peu de distance du camp, les Indiens aperçurent un cavalier qui accourait vers eux à toute bride.

Le Chat-Noir fit faire halte et attendit. Il était évident que l’individu qui arrivait ainsi ne pouvait être