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L’ÉCLAIREUR.

— Ne vous souvenez-vous pas, senor don Mariano, fit alors le Canadien, que, avant de me rendre au camp pour vous amener don Miguel, je vous ai dit que vous ignoriez le plus intéressant de cette histoire que vous croyiez si bien savoir.

— En effet, je me le rappelle, bien qu’à ce moment je n’ai pas attaché a cette déclaration tout l’intérêt qu’elle méritait.

— Eh bien, si je ne me trompe, don Miguel va en quelques mots vous mettre au courant de ces affreuses machinations. Puis il ajouta, comme par réflexion : il est un homme que j’aurais désiré voir ici ; il était important que lui aussi connût toute la vérité ; mais depuis notre retour au camp je ne l’ai pas aperçu.

— De qui voulez-vous parler ?

— De Balle-Franche, que j’avais chargé de vous accompagner jusqu’ici.

— Il m’a accompagné en effet ; mais aux approches du camp, jugeant sans doute que je n’avais plus besoin de sa protection, il m’a quitté.

— Ne vous a-t-il pas dit dans quelle intention ? reprit le chasseur, en regardant fixement le gentilhomme.

Don Mariano fut intérieurement troublé par cette interrogation ; mais voulant laisser a Balle-Franche le soin d’expliquer son absence, et peu désireux d’avouer son désir de sauver son frère, il répondit avec une certaine hésitation qu’il ne put entièrement cacher :

— Non, il ne m’a rien dit ; je croyais qu’il vous avait rejoint, je suis aussi étonné que vous de son absence.

Bou-Affût fronça imperceptiblement le sourcil.

— C’est étrange ! fit-il. Du reste, ajouta-t-il, il ne tardera probablement pas a revenir, et alors nous saurons ce qu’il aura fait.

— Oui, maintenant, don Miguel, je suis à vos ordres ;