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L’ÉCLAIREUR.

don Miguel, Bon-Affût et don Mariano, réunis sous la tente où ils avaient entre eux une conversation à laquelle nous ferons assister le lecteur.

L’intérieur de la tente sous laquelle don Miguel avait introduit ses deux compagnons était meublée de la façon la plus simple : dans un angle se trouvait le palanquin hermétiquement fermé ; dans l’angle opposé, plusieurs fourrures étendues sur le sol marquaient la place d’un lit ; quatre ou cinq crânes de bisons servaient de sièges ; il était impossible de rencontrer rien d’aussi simple et de moins confortable que tout cela.

Don Miguel se jeta sur son lit, après avoir engagé d’un geste gracieux ses compagnons à s’assoir sur les crânes de bisons. Bon-Affût et don Mariano rapprochèrent leurs sièges de l’endroit où se tenait leur hôte, et s’assirent silencieusement.

Don Miguel prit alors la parole :

— Caballeros, dit-il, les faits qui se sont passés cette nuit, faits sur lesquels je ne reviendrai pas, ont besoin d’être clairement expliqués, surtout dans la prévision des complications probables qui en découleront dans les événements auxquels d’ici à peu de temps, je l’espère, nous serons appelés à prendre part ; ce que j’ai à dire vous regarde, et vous intéresse particulièrement, don Mariano : c’est donc surtout à vous que je m’adresse. Quant à Bon-Affût, il sait à peu près à quoi s’en tenir sur ce que vous allez entendre : si je le prie d’assister à l’entretien que je désire avoir avec vous, c’est d’abord à cause de la vieille amitié qui nous a lié toujours, ensuite parce que ses avis nous seront d’un grand secours pour les résolutions ultérieures que nous aurons à prendre,

Don Mariano fixa l’aventurier d’une façon qui fit entendre à celui-ci qu’il ne comprenait absolument rien à ce long exorde.