Page:Aimard - L’Éclaireur, 1860.djvu/207

Cette page n’a pas encore été corrigée
197
L’ÉCLAIREUR.

apporterait, je ne dis pas une bonne nouvelle, mais un peu d’espoir ?

Sans répondre, je me levai, et allant à un meuble où je serrais mon or et mes bijoux :

— Tendez votre chapeau, lui dis je. En un instant, ce chapeau fut plein d’or et de diamants ; l’inconnu fit disparaître le tout, et s’inclinant vers moi ;

— Je me nomme Pepito, me dit-il ; je fais un peu tous les métiers ; un homme qu’il est inutile de vous nommer m’a confié ce chiffon de papier, avec injonction de vous le remettre aussitôt votre arrivée à Mexico. Je n’ai su que ce matin votre retour ; je viens ce soir accomplir l’ordre que j’avais reçu. Je lui arrachai le papier des mains et je le lus pendant que ce Pepito se confondait en remercîments que je n’écoutais pas, et se retirait. Voilà ce que contenait ce papier.

Don Miguel étendit le bras vers don Mariano.

— « Un ami de la famille de Real del Monte, dit-il d’une voix vibrante, avertit don Mariano qu’il a été indignement trompé par l’homme dans lequel il avait mis toute sa confiance et qui lui devait tout. Cet homme a empoisonné Doña Sérafina de Real del Monte : la fille de don Mariano a été enterrée toute vive dans un des in pace du couvent des Bernardines. Si le seigneur Real del Monte désire approfondir l’affreuse machination dont il a été victime, et peut-être revoir une des deux personnes que celui qui l’a trompé croit avoir fait disparaître pour toujours, que le señor don Mariano garde le plus complet silence sur le contenu de ce billet, qu’il feigne toujours la même ignorance, mais qu’il fasse en secret les préparatifs d’un long voyage que nul ne doit soupçonner. Le 5 novembre prochain, au coucher du soleil, un homme se trouvera au Teocali de Quinametzin (le Géant). Cet homme accostera don Mariano en prononçant deux noms : celui de sa femme et celui de sa fille ; alors il