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L’ÉCLAIREUR.

sera venu, nous nous concerterons pour convenir de ce que nous aurons à faire.

Don Mariano était trop fatigué pour se faire répéter cette invitation ; quelques minutes plus tard, lui et ses compagnons étaient plongés dans un sommeil profond et réparateur.

Au coucher du soleil, Ruperto les réveilla.

— Il est temps, dit-il.

Ils se levèrent ; ces quelques heures de repos leur avaient rendu toutes leurs forces. Les dispositions à prendre étaient simples, elles furent bientôt réglées.

Nous avons vu ce qui était arrivé : Addick et don Stefano, surpris eux-mêmes lorsqu’ils croyaient surprendre don Miguel, ignorant contre combien d’ennemis ils avaient à lutter, avaient, ainsi que tous leurs compagnons, été mis en fuite après une lutte acharnée.

Don Mariano et Ruperto, satisfaits d’avoir sauvé don Miguel, s’étaient retirés dès que l’issue du combat ne leur avait plus paru douteuse.

Rappelés cependant sur les bords du Rubio, par les quelques coups de feu tirés au dernier moment par don Miguel, ils avaient vu tomber un homme et s’étaient élancés vers lui autant peut-être afin de lui porter secours que pour le faire prisonnier. Cet homme était évanoui. Don Mariano et Ruperto l’enlevèrent dans leurs bras et le transportèrent sous le couvert de la forêt, où, dans un espace dénué d’arbres, l’Églantine était parvenu à grand’peine à allumer du feu ; mais lorsqu’à la lueur des flammes du loyer ils purent reconnaître le visage du blessé, les deux hommes avaient poussé un cri de stupéfaction.

— Don Stefano Cohecho ! s’était écrié Ruperto.

— Mon frère ! avait dit don Mariano avec une douleur mêlée d’épouvante.