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Page:Achilles Essebac - Partenza-vers la beauté.djvu/85

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PARTENZA…

giroflées blanches, de narcisses, et de minuscules bouquets où les fleurs d’oranger marient leurs pétales blancs et leurs petits boutons d’opale à l’odeur capiteuse, avec les soucis larges et cuivrés comme l’écorce des oranges. Ces petites marchandes effrontées ont des yeux très beaux et très purs, cachés dans l’ombre des paupières voluptueusement bordées de longs cils noirs ; leur, poitrine soulève le linge immaculé de la chemisette, légère malgré la saison, et le corsage toujours curieusement coloré dont les lacets se Rendent sur l’effervescence des jeunes chairs ; leur jupe courte aux larges plis est bordée de velours, et sur leur tête gracieuse la traditionnelle coiffure plate, retenue par de grosses épingles dorées, retombe, mêlée aux tresses de leur chevelure, jusque sur leurs épaules graciles. Petites folles, elles partagent leur existence entre les séances de l’atelier du peintre et du sculpteur, qui jouissent dans toute sa splendeur du modelé de ces jeunes corps, — et la course aux passants : gentilles et importunes, elles glissent dans les manches, dans les poches, dans l’échancrure des gilets les petits bouquets de deux sous, bénévolement acceptés pour l’amour des jolis regards qui les offrent et des mains mignonnes qui demandent…

Sur les degrés qui, de la fontaine de pierre, la Barcaccia du Bernin, montent vers l’église française de la Trinité-des-Monts, et même tout près des eaux claires et chuchotantes, se tiennent les groupes superbes des modèles professionnels, filles et garçons ; celles-là, comme les petites vendeuses de fleurs avec