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Page:Achilles Essebac - Partenza-vers la beauté.djvu/69

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PARTENZA…

Les chapelles ont toutes cette patine qui recouvre les vieilles choses et donne une harmonieuse tonalité aux dorures apaisées, aux marbres moins brillants, aux bronzes polis et avivés par l’usure et le frôlement quotidien de l’air et des encens. Les vitraux voilent leur transparence d’une buée qui fait plus tranquilles et mystérieuses leurs clartés figées en rayonnements colorés, en caresses chatoyantes aux creux poussiéreux des boiseries sculptées, sur les dalles de brèches précieuses, les broderies des autels, et jouent, candides et vaporeuses, avec la flamme mobile des lampes suspendues.

Du même côté que la chapelle somptueuse de Saint-Jean-Baptiste, enfouie dans la richesse des porphyres et la splendeur des châsses d’argent ciselé, un orgue déploie des volets immenses, merveilleusement peints qui, fermés, cachent les jeux des tuyaux ; nous sommes si peu habitués à cet arrangement, que ces panneaux ouverts prennent une envergure d’ailes, vivantes presque en leur archaïsme bizarre ; il suffirait du bruissement de l’orgue pour les animer d’un souffle pareil à l’haleine des anges blottis en ce coin de cathédrale, entre leurs ailes d’arc-en-ciel. Aux tintements de la clochette qui grelotte des sons fluets dans les mains de l’enfant de chœur, tandis que l’hostie élève rayonnante sa pure blancheur de neige, très dévotement l’âme suit les fantaisies de l’esprit, et la prière se répand, large comme l’essor de ces ailes étonnantes qui viennent battre jusqu’aux portes du sanctuaire !…

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