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Page:Achilles Essebac - Partenza-vers la beauté.djvu/65

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PARTENZA…

les fenêtres des rez-de-chaussée, se créent des choses formidables derrière le grillage épais de fers losangés qui, scellés dans l’épaisseur des pierres ou des marbres vermiculés, répondaient autrefois de la sécurité des Génois contre les soudains envahissements des pirates et des émeutes. La plupart de ces vicoli sont tellement resserrés et l’air y est si rare qu’ils seraient des foyers de mort, n’était leur méticuleuse propreté. Et l’on dirait, à circuler ainsi au fond de ces couloirs, que l’on parcourt quelque ville étrange creusée à même la terre ; mais en haut la ligne du ciel est d’un bleu frais et tendre qui suffit à égayer jusqu’au fond de ces tranchées, à aviver encore le brillant des dalles luisantes. Il arrive même, quand une de ces ruelles s’oriente vers le soleil, que ses rayons versent entre la découpure des toits des coulées d’ombres et de lumières dont s’amusent avec des ressources surprenantes les corniches, les sculptures et les couleurs vives des palais et des maisons.

Le port, vers lequel se précipitent tous ces chemins étranglés, est au repos. Quelques bandes de marins, tous semblables en quelque pays qu’ils se trouvent, paraissant fils d’une unique patrie : la Mer, se préparent à grimper dans la ville, par étapes, en s’arrêtant aux nombreux comptoirs où l’on boit ; et le soir peut-être, quelques-uns de ces bons et francs visages seront figures de brutes congestionnées et défaites : le gai marsouin se sera bien amusé !

À côté de ces marins montent ensemble aussi, très raisonnables et d’une si belle tenue, des moussaillons