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Page:Achilles Essebac - Partenza-vers la beauté.djvu/268

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PARTENZA…

une délicatesse invraisemblable d’objet d’art, d’orfèvrerie finie et fouillée, comme s’ils étaient, ces groupes ou ces petits personnages, destinés aux mêmes caresses des doigts et des yeux, aux mêmes attentions incessantes que les bronzes qui décorent et embellissent l’intimité de nos intérieurs, posés sur une console, une table de travail, une cheminée… Seulement, ici, chaque personnage est une statuette incomparable et chacune de ces statuettes concourt à l’ensemble le plus exquis, le plus complet qu’ait jamais offert, avec ses couleurs chatoyantes, le tableau le plus séduisant.

Dessinées avec une extrême recherche, dans un relief imperceptible, les architectures font à ces tableaux de bronze, aux patines d’un poli délicat, des perspectives d’une richesse et d’une précision de détails absolument inouïes. Les attitudes du peuple minuscule pressé contre les parois de bronze de cette porte sont d’une sveltesse toute pleine de radieuse jeunesse ; les vêtements drapés avec une grâce antique découvrent des nus du plus merveilleux dessin, du modelé le plus chaud et le plus serré ; petites créatures charmantes qui font la joie des yeux attentifs aux séductions de leur pure beauté. J’ai peur d’avoir mal parlé de cette œuvre devant laquelle j’étais resté en une muette et religieuse admiration, stupéfait de la puissance géniale du sculpteur qui unit avec une aisance aussi parfaite la conception formidable de ces tableaux de bronze, à l’exécution savante, large, amoureuse et harmonieuse dont se sont tellement éloignées,