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Page:Achilles Essebac - Partenza-vers la beauté.djvu/256

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PARTENZA…

Léon X, jusqu’à l’efféminé Lorenzo, Lorenzino, Lorenzaccio !… pâle et rude, languissant et brave, éphèbe vicieux dont l’esprit étrange se berçait déjà en des rêves immenses d’affranchissement et de liberté…

Des hautes fenêtres du palais Pitti, Florence apparaît ; bien plus la Florence d’autrefois, vers laquelle l’esprit rétrograde, — ou plutôt la seule qu’il aperçoit comme s’il n’avait jamais connu que celle-là, — que la Florence moderne, si jolie cependant. Mais c’est un des charmes exquis de cette ville défaire revivre naturellement, sans effort, l’existence radieuse de jadis.

Les regards détachés avec peine des lignes harmonieuses de Florence apaisent les regrets qu’ils éprouvent sur cette autre harmonie et sur ces autres lignes où resplendissent aussi la beauté des siècles qui ne sont plus, les rêves fugitifs des Maîtres et la grâce survivante des modèles fixée à jamais sur les toiles de la galerie Pitti.

Auprès de moi, la lumière se répand et se fige dans les fines ciselures et les ors dont s’auréolent les personnages fluides de Fra Angelico et de Filippo Lippi. Les panneaux de bois ont été approchés sur des chevalets, seuls, près des larges baies d’où tombe le grand jour. Devant toutes les fenêtres, d’ailleurs, dans l’encadrement des murs épais, c’est une sélection des œuvres les plus achevées que l’on a la joie de manier sur leurs montures mobiles et d’offrir, suivant son caprice, au jour cru, au demi-jour, à l’obscurité presque, pour la seule fantaisie de voir rayonner ou s’éteindre