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Page:Achilles Essebac - Partenza-vers la beauté.djvu/194

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PARTENZA…

Saturnales ! Saturnales !… Et la clameur immense des esclaves libres pour un jour tonnait, pâmée de luxures : Io Saturnales !

Et e’était, pendant notre causerie, un murmure à peine perceptible, la musique délicieuse ressurgie des flûtes et des cithares, et les perles sonores tombées des syrinx Virgiliennes sous les lèvres des pâtres aux traits allongés et fins, aux belles figures tout à fait grecques, telles qu’on en rencontre souvent sur les chemins de Naples à Sorrente…

Les jolies histoires qu’il m’a contées, tandis que chantaient dans les vignes innombrables le souvenir des belles filles chargées de corbeilles débordantes de fleurs et de fruits nouveaux, les mélopées des phalléphores demi-nus couronnés de lierres et de violettes, le tumulte de la foule ivre des Silènes, des Nymphes et des Satyres, des Bacchantes et des Bacchants, hurlant dans les vallons et les clairières, au milieu des festins et des danses, au bruit lointain des pipeaux et des tambours : Evohe Bacche ! Evohe Sabbæe ! o Iacche ! Io Bacche !

Il disait les voluptés semblables encore, là-bas en Grèce, dans l’ombre bleue des oliviers argentés et des myrtes efféminés, à ce qu’elles furent jadis ; ses aventures au loin dans les campagnes baignées de lumières, au fond des monastères schismatiques où s’épuisent en des lampes de vermeil et d’argent les huiles parfumées, devant les icônes sacrées peintes sur des fonds burelés d’or, encadrées de lourdes orfèvreries, comme les images byzantines, étrangement enluminées de