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Page:Achilles Essebac - Partenza-vers la beauté.djvu/174

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PARTENZA…

ces jouets érotiques, je lis sur les Phallus d’argile, d’airain, d’électrum ou d’argent, d’ivoire ou de corail… l’histoire de notre humanité ! Est-ce ridicule ? Il me paraît que tout gît douloureusement dans le symbole générateur de ces représentations ou grossières ou délicatement achevées : Que sommes-nous ? D’où venons-nous ? Où allons-nous ?…

Est-ce une numismatique par hasard attrayante qui disperse en moi l’improbable belle humeur de ses jetons d’or et de bronze, ou dois-je cet éclat de bienveillante joie au souvenir des beaux yeux noirs de Naples ? Pour une fois laissons-en le bénéfice rare à la Numismatique avec un N majuscule. Sourires de Naples, offres du soir, les médailles spinthriennes plaisamment s’entretiennent de tout cela. Sous des vitrines, leurs coins fatigués évoquent les débauches fastueuses de Tibère à Caprée. Dans les délices de son île, César offrait aux dieux, qui n’en pouvaient mais, l’image vivante des fétiches phalliques dont les vierges nubiles suscitaient sans effort la vigueur complaisante. Une musique invisible les entraînait, nouées aux bras des jeunes garçons qu’un choix exigeant avait désignés comme devant être particulièrement agréables à Priape. Lors, aux confins de leur énervement, le dieu puissant abandonnait aux vierges les robustes offrandes des adolescents, et celles-là les recevaient de ceux-ci dans l’échange charmé de leur virginité… Et la vie docile issait du plaisir sous les regards heureux de César et des dieux…