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Page:Achilles Essebac - Partenza-vers la beauté.djvu/141

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PARTENZA…

dieux, l’embarras n’est pas grand ; des portes de Stabiæ aux portes d’Herculanum, les débauchés, les désœuvrés, soldats, courtisans, jeunes efféminés vêtus de la toge blanche aux bordures écarlates, gladiateurs favoris dont les reins s’enveloppent d’un riche lambeau de pourpre de Tyr ou de Capoue qui fait valoir la blancheur des chairs assouplies, trouvent au fond des quartiers louches les bouges aux enseignes monstrueuses qui tendent aux passants le piège de leur engageante promesse : Hic habitat felicitas

Les riches patriciens passent en litière ; passent en litière aussi les dames nobles dont les cheveux s’enroulent autour des épingles d’or finement ciselées et dont les brais sont lourds de bracelets et de bijoux massifs aux formes impeccables…

Le soir Pompéi s’amuse, et rôde la populace des proxénètes et des entremetteurs. Dans les palais, si petits, mais d’une élégance si raffinée, les jeunes filles servent, en des plateaux d’orfèvrerie, les fruits et les confiseries du dessert ; elles s’avancent en mouvements cadencés, au son des flûtes et des crotales, cependant que des esclaves, choisis parmi les plus beaux des jeunes garçons, versent, juvéniles échansons, les vins fameux de Lesbos ou de Falerne des rhytons ciselés dans les patères d’argent.

C’est le luxe ruineux et la joie souriante de Pompéi que viennent habiter les patriciens de Rome et les marchands de Naples. Des galères croisent d’Alexandrie à Carthagène, de Cyrène au Pont-Euxin, d’Antioche à Syracuse ; et leur proue d’ivoire, sur le bleu

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