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Page:Achilles Essebac - Partenza-vers la beauté.djvu/119

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PARTENZA…

loques inhabiles à dissimuler les taudis affreux, les nichées d’enfants aux larges yeux noirs et les dolentes petites vieilles et les tremblants vieillards qui n’ont jamais, là, derrière, dans ces bouges empuantés de cuisines atroces et de quinquets fumeux, que misère et souffrance, hier, aujourd’hui, demain…

Sur le seuil des maisons, dans de beaux bassins de cuivre, halètent des braises ardentes illuminant soudain les visages penchés sur elles pour les aviver ; les pauvres corps transis par lèvent froid vont essayer de se réchauffer à ces foyers qui seraient d’une grâce antique si charmante, s’ils n’étaient aussi tristes et insuffisants.

Les mômes lumières rouges, blanches et vertes que nous apercevions hier, s’allument de nouveau ; et c’est bien sur la mer que dansent, très nettes au fond de la nuit noire, leurs clartés perçantes d’escarboucles.

Devant les madones aussi, la flamme des lampes s’incline, penchée sous le vent ; et ses lueurs vacillantes se mirent dans les glaces qui protègent les fleurettes de papier doré, les feuillages coloriés et la jolie robe aux teintes fanées, aux passementeries d’or éteint dont s’entourent et se revêtent les naïves saintes vierges.

Après les vicoli abominables dont les maisons se relient par des guirlandes de linges et de défroques secouées au vent qui en décroche quelques-unes et les chasse devant lui, ce sont les illuminations soudaines et violentes de l’électricité sur les grandes places, le heurt des ombres rudement tranchées contre les