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vite et reconnaît que leur élégance s’harmonise bien à la noblesse du décor.

Dans les ministères cependant la proportion des femmes est assez faible et leur effectif forme une bien petite compagnie.

Deux services annexes du Ministère de la Guerre, au contraire ont fait appel aux femmes dans une bien plus large mesure. Il s’agit du service de renseignements aux familles, installé à l’École de guerre et du service des successions sis rue Lacretelle. Deux mille soldats environ y travaillaient au début de la guerre. Aujourd’hui s’il est inexact de dire, comme l’a fait une récente publication, que tous les uniformes ont disparu pour faire place aux voiles noirs, du moins hommes et femmes se partagent-ils à peu près également le service. À l’École de guerre seulement 600 femmes travaillent actuellement et leur nombre doit être sensiblement augmenté. Leur travail est minutieux et parfois assez compliqué. Il s’agit de recevoir les lettres, qui, hélas ! arrivent journellement innombrables, de toutes les familles inquiètes de leurs disparus, de collationner les états des pertes transmis par le Ministère de la Guerre, les fiches expédiées par les hôpitaux, la Croix-Rouge de Genève, les organisations qui s’occupent du sort des prisonniers.

Correspondance, établissement et classement des fiches exigent une attention soutenue, un travail mûri. Les jeunes femmes se délassent par des papotages qui à l’heure du goûter surtout frappent d’un son inaccoutumé les austères couloirs. Et aux heures d’entrée et de sortie, qu’une administration, gardienne jalouse des