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ne vit dans cette proposition qu’un sujet de trop faciles plaisanteries.

Il a fallu la guerre et la crise des effectifs pour faire comprendre — avec tant d’autres — cette vérité d’évidence. Si l’on voulait récupérer pour la défense nationale les militaires occupant des emplois de bureaux, il fallait pour ces emplois — dont quelques-uns tout de même sont utiles — trouver des remplaçants ou des remplaçantes.

Les femmes étant seules disponibles c’est à elles qu’on s’adressa. Suivant l’exemple donné par le Secrétariat d’État de l’artillerie et des munitions qui, nous l’avons vu avait fait une très large place à la main-d’œuvre féminine, le général Galliéni, dès le mois de novembre 1915, appliqua à ce problème son esprit réformateur.

« Il convient, disait une circulaire du ministre, de chercher à remplacer ceux des militaires et des employés civils du département de la guerre uniquement occupés à des travaux de copie, par un personnel féminin de sténographes et de dactylographes généralement plus apte à cette tâche que ne le sont les hommes devenus par occasion secrétaires ou copistes ».

Plusieurs avantages devaient résulter de l’application de cette mesure. Récupération d’un certain nombre de combattants ; restitution à la vie civile de quelques hommes utiles à la vie économique ou intellectuelle ; places toutes trouvées pour les parentes des combattants, le même principe devant être admis que dans les usines de guerre. Enfin rendement meilleur pour un travail auquel les femmes étaient mieux adaptées.

Avec autant d’enthousiasme que vers l’usine les