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recommandant l’emploi des femmes aux industriels amène une augmentation énorme en janvier 1916, une augmentation proportionnelle plus forte encore en juillet 1916.

En ce même mois de juillet, M. Albert Thomas invite les contrôleurs de la main-d’œuvre à « retirer d’office » les ouvriers employés à des travaux qui peuvent être exclusivement confiés à des femmes.

En septembre, le sous-secrétaire d’État de l’artillerie et des munitions fait appel, pour assurer le développement nécessaire des fabrications, au concours de toutes les femmes qui pourraient accepter un emploi en province dans les établissements de l’État ou dans l’industrie privée et réunit tous les représentants de la grande presse pour les engager à mener en ce sens une active campagne.

Si l’on comptait toutes les femmes qui travaillent chez nous pour l’armée et non exclusivement pour les industries de guerre (nous ne pouvons, on le comprendra, donner ici de précisions) on atteindrait un chiffre supérieur à un million.

Les femmes représentent une grande partie des bras employés dans les usines de munitions. Tel établissement parisien compte 6 000 femmes sur 8 000 employés.

Comment sont recrutées ces ouvrières ? Une règle immuable est suivie dans les établissements de l’État, règle que par un beau mouvement de solidarité nationale, les industriels privés ont presque toujours spontanément suivie. Réserver les emplois aux veuves de militaires tués à l’ennemi, à leur défaut aux veuves d’ou-